La Dernière sérénade de Molière

Marc-Antoine Charpentier 

Romain Champion, haute-contre – Géronimo, Spacamond

Vincent Bouchot, taille – Marphurius, Polichinelle, la Vieille 

Florian Westphal, basse – Sganarelle, un Archer

Hugo Reyne, flûtes, hautbois et direction

La Simphonie du Marais

 

2 violons, alto, basse de violon, archiluth / guitare et clavecin

Hugo Reyne, mise en espace

Jeanine Lérin-Cagnet, costumes


Molière et Charpentier se sont connus vers 1672. Le premier est alors âgé de 50 ans. Il est au soir de sa vie. Charpentier, lui, a 29 ans et commence sa carrière de musicien. Il est revenu d’Italie depuis deux ou trois ans. Après Les Fâcheux, les œuvres communes de Molière et de Lully se sont succédé avec succès : Le Mariage forcé, La Princesse d’Elide, L’Amour médecin, Georges Dandin, Monsieur de Pourceaugnac, Les Amants magnifiques… jusqu’à l’apothéose de la dernière, Le Bourgeois gentilhomme. Tout allait donc très bien entre les « deux Baptiste » jusqu’au jour où l’ambition de Lully fut plus forte que tout et détruisit son amitié avec Molière. En effet, le 13 mars de cette année 1672, Lully obtient le privilège d’établir une Académie royale de musique et du même coup se réserve le monopole de l’utilisation de la musique au théâtre.
Le 8 juillet 1672, les Parisiens ont la surprise de découvrir sur l’affiche annonçant de nouvelles représentations du Mariage forcé joué avec La Comtesse d’Escarbagnas dans la salle du Palais-Royal, le nom de Charpentier associé pour la première fois à celui de Molière. Dans les intermèdes composés par Charpentier, celui-ci, pourtant totalement inexpérimenté dans la musique profane et de théâtre, se révèle tout de suite à la hauteur, en faisant preuve d’un talent comique indéniable.
La première représentation du Malade imaginaire « comédie, meslée de musique, & de danse » se déroula dans la salle du théâtre du Palais-Royal le 10 février 1673. Le 17 février, malgré la demande de ses amis comédiens de renoncer à jouer son rôle d’Argan, tant son état de santé était critique, Molière monta encore sur scène ce soir-là, mais finit avec beaucoup de peine la représentation. Malade d’une fluxion de poitrine et s’étant rompu une veine à force de tousser, il fut transporté chez lui où il mourut vers les dix heures du soir.
Le Malade imaginaire marque véritablement le couronnement de toutes les comédies-ballets conçues par Molière. Et Charpentier, pour son premier essai, a réussi un véritable coup de maître. Texte et musique règnent en parfaite osmose, dans des registres aussi divers que ceux de la pastorale, de la farce, du dialogue amoureux, de la galanterie exotique ou du divertissement parodique.
Par trois fois encore, Charpentier sera chargé de travailler à des pièces de Molière ; d’abord pour une reprise du Sicilien ou l’Amour peintre et du Dépit amoureux en 1679, puis de Psyché en 1684. En 1680, un grand événement survient dans le monde du théâtre avec la décision prise par Louis XIV de fusionner les deux troupes royales, l’Hôtel Guénégaud et l ‘Hôtel de Bourgogne, en une seule, qui prendra le nom de Comédie-Française.
Le 14 novembre 1680 est créée une comédie de Raymond Poisson, Les fous divertissants, accompagnée d’une musique de Charpentier qui revient ainsi à la scène. Raymond Poisson, oublié aujourd’hui, fut néanmoins très célèbre en son temps. Dans cette œuvre dont la seule prétention est de faire rire, Charpentier déploie sa verve et son sens du bouffon en une musique alerte et pleine d’humour.

M.-A. Charpentier (1643-1704) / Molière (1622-1673)

Prologue funèbre en hommage à Molière : Orphée descendant aux enfers (H471, 1683) 

Ouverture de La Comtesse d’Escarbagnas (H 494, 8 juillet 1672)

Intermèdes nouveaux du Mariage forcé (H 494, 8 juillet 1672) 

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Prologue et premier intermède du Malade imaginaire

« avec les deffences » (H 495 et 495a, 1673 et 1674) 

Ouverture et sérénade du Sicilien (H 497, 9 juin 1679) 


10 artistes + 1 accompagnateur

Durée : 1 h 15 (entracte non inclus)

Fiche technique : clavecin, 10 pupitres, 7 chaises, 3 tabourets de piano