Les Femmes Vengées

F.A. Philidor

Edwige Bourdy, madame Riss
Bernadette Mercier, la Présidente
Françoise Masset, madame Lek
Eric Vignau, le Président
Jean-Louis Georgel, monsieur Lek
Yves Coudray, monsieur Riss

Yves Coudray, mise en scène

Hugo Reyne, direction

La Simphonie du Marais

Les Femmes Vengées (1775)
François-André Philidor (1726-1795)
Opéra comique en un acte et en vers
Livret de Michel-Jean Sedaine d’après « Les Rémois » de Jean de La Fontaine

Deux des principaux notables de la ville font une cour ardente autant que pressante et simultanée à madame Riss, femme d’un artiste peintre. Comment va-t-elle répondre à leurs hommages ? De la manière la plus inattendue : elle convoque les épouses respectives des deux séducteurs pour leur en révéler l’inconduite et proposer un plan de vengeance. Elle invitera les infidèles à souper chez elle, les assurant de l’absence de son mari. Celui-ci, de connivence avec sa femme, surviendra avant le repas, obligeant les deux magistrats à se réfugier dans un cabinet voisin. C’est de cette cachette qu’ils verront, sans rien pouvoir faire de peur d’être démasqués, leurs conjointes souper à leurs places et succomber faussement aux charmes du peintre.

Tel est pris qui croyait prendre pourrait être la morale de cette pièce tirée d’un conte de La Fontaine. Conte grivois, cruel aussi, sorte de marivaudage voyeur où les infidélités feintes et réelles s’entremêlent et se confondent dangereusement. On pourrait y voir un pendant féministe au « Così Fan Tutte » mozartien dans lequel les femmes ne sont pas victimes mais maîtresses du jeu.

Le sujet fit suffisamment scandale, dans un Siècle des Lumières pourtant peu enclin à la pruderie, pour se voir interdire de représentation dans plusieurs villes de province. C’était se priver d’une pièce formidablement drôle et de la merveilleuse musique de Philidor dont le baron Grimm, celui qui accompagna le jeune Mozart dans son séjour parisien, disait qu’il était le seul, avec Grétry, qui sache faire de la musique en France.

Yves Coudray